mercredi 25 mai 2011

Albert Camus Caligula. Après la sagesse de Lucrèce , place à Dionysos..

Caligula  au  Théâtre   selon  Camus





« Caligula : On croit qu’un homme souffre parce que l’être qu’il aime meurt en un jour. Mais sa vraie souffrance est moins futile : c’est de s’apercevoir que le chagrin non plus ne dure pas. Même la douleur est privée de sens.
Tu vois, je n’avais pas d’excuses, pas même l’ombre d’un amour, ni l’amertume de la mélancolie. Je suis sans alibi. »




......... Dans son Caligula , Camus a introduit quelque chose d’un ange , noir certes, mais qui ne manque pas de séduction. D’ailleurs ne lui a-t-il pas donné la beauté physique qui, au théâtre, caractérise également la beauté morale en désignant pour l’acteur qui devait incarner le rôle,  des artistes comme Gérard Philippe au charme incontesté ? 
« Ne pas oublier  que Caligula  est un homme très jeune, pas aussi laid que le voudrait l’histoire, grand et mince, le corps un peu voûté , il a une figure d’enfant .. » (Camus)

Sa perversité estompée  , sa cruauté édulcorée par la pratique d’une logique amorale, on se sent tenté de souscrire par instant à un esthétisme dérangeant que la médiocrité des patriciens qui l’entoure vient encore souligner .
Bien que Camus ait, dans sa version définitive, sensiblement réduit l’amour de Caligula pour Drusilla, ne peut-on interpréter  la mort de sa  sœur et amante comme la cause  de la ruine de son âme et le motif de sa  révolte contre les dieux qui  ont inscrit dans le destin de  l’homme l’absurdité d’une vie amputée par la mortalité . Chez ce "monstre" blessé la souffrance n’est pas absente.

Caligula : »J’ai besoin que les êtres se taisent autour de moi. J’ai besoin du silence des êtres et que se taisent autour de moi  ces affreux tumultes du cœur » .

C’est au cœur de la douleur qui l’a mené aux confins de la raison et  de la folie , que Camus fait prendre conscience à  Caligula  du sort injuste et si peu enviable réservé  à l’homme par les dieux . De retour au Palais, après sa fuite où il apaisa son deuil, il s’épanche  et livre l’amertume de ses pensées :

Caligula : »Les hommes meurent et ne sont pas  heureux »  

L’oeuvre des dieux est imparfaite , ils ont failli  et la morale  édifiée en leur nom n’est qu’un  leurre : 

-         Caligula : « Les hommes pleurent  parce que les  choses ne sont pas ce qu’elles  devraient être « 
-         Caligula : »Ce monde  tel qu’il est fait , n’est pas supportable. J’ai donc  besoin  de la  lune, ou du bonheur , ou de l’immortalité , de quelque chose  qui soit dément peut-être , mais qui ne soit pas de ce monde »  ....
(http://www.citadelle-fr.com/caligula.htm)

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