mercredi 29 août 2012

Le jeune homme et la mort : G. Moreau / Jean Lorrain


 (vers  1881)
Le  jeune homme et  la mort
à Gustave  Moreau

Le  long  des marbres  noirs et  des sombres portiques
Bordant  du   pâle hadès les  quais  silencieux,
L'éphèbe  éblouissant  et  l'espoir  dans les  yeux
Descend  d'un  pas   léger les  trois  degrés  mystiques.

Fort  de  la calme  foi des  calmes temps antiques,
Il  sait  que  chez les morts  , séjour  mystérieux,
Le  héros chaste et  nu trouve  sous  d'autres cieux
Les palmes  de la stade et  des lauriers  Médiques.

Aussi  la  mort  pour  lui fut  douce  et passagère
Et  tandis qu'il  descend, comme  une ombre  légère,
La déesse  fatale, au  front  pur  et  voilé,

Voltige en  l'effleurant du  souffle  de  sa robe
Et,  pensive, sourit sous le  voile enroulé,
Dont  un  pli  virginal et  tremblant   la dérobe.

Jean Lorrain
Fécamp,  14  juillet

L'homme qui plantait des arbres (Jean Giono)

lundi 27 août 2012

Stalker de Tarkovski


Andrei  Tarkovski *
1932 né à   Ivanovo  en Russie  - mort  en 1986 à  Paris

1er grand  film : l’enfance d’Ivan
Un  des thème s récurrents   de  ses  films :  l’angoisse  du  créateur  face au sort  incertain de   la civilisation  humaine.


Stalker ,

 (  d’après un  roman de  SF  russe :  Pique nique sur  le  bord  du  chemin …) 

Stalker   :  le passeur  
 Charon le passeur  grec  était  celui   qui  faisait franchir   la  frontière  entre  le  pays  des  vivants   et  celui  des  morts   . Le Stalker  est  un  passeur  mais   le passage   semble  inversé  ,  c’est  plus  l’idée   de  franchir la  frontière  entre  réalité et  irréel  qui semble  la  vocation  du   Stalker  de  Tarkovski    Mais   de  quel  côté se trouve  la  réalité ? 





Ce  que  nous  montre  Tarkovski  de  la  réalité  est  un  univers  ravagé par  la technologie   ,  par    le  pessimisme  de  l’homme  et  le produit  dévastateur  de  ses  idéologies  .
Quelque  part    il  existe une  zone   qui  échappe   à  cette logique  ,  à  toute  logique  .
La zone    on ne sait  pas ce qu’elle  est  et  ce qui l’a produit  :  chute d’une météorite ou   explosion  nucléaire ?    Là, tout  ce que l’homme  a construit  est  dévasté  ,  l'ancienne  ville   n’existe plus    .  Ne subsiste    dans  la zone que ce qui  est   de nature  :  les fleurs, les arbres , les couleurs ,le silence  dans  un ordonnancement  inconnu  et  mystérieux 



Le bruit  s’est  répandu  selon  lequel  s’y  trouve un  lieu   , une  chambre   ou les  vœux  les plus  chers  et les  plus sincères  sont  exaucés  mais  s’y  aventurer  s’est  révélé dangereux   .  Tous  ceux  qui   ont  tenté le  voyage  n’en  sont pas  revenus   ou  bien   blessés  et  brisés.
Pour  protéger  les  candidats  aux  rêves  mais  aussi   pour  protéger  le  monde de  leurs  rêves   (sait-on  jamais   ce  que   cachent  les  rêves  les plus  secrets)  les  autorités  ont  entouré  la  zone  de  barbelès  et  la   police  surveille  constamment la  frontière   avec  un  zèle  terrifiant  .
Il est  aussi  dangereux d’y   pénétrer  que  d’y  survivre  .
«  le monde est  régi  par  des  lois d’airain qui le rendent   mortellement  ennuyeux Des lois  qui  malheureusement   ne peuvent  être  transgressées « 

La vocation  du  passeur   , sa raison  d’être  et de  vivre   est   la transgression  de  cette  règle  qui  interdit  l’accès   à  la zone   mais  aussi  transgression de   l’ordre  régnant  qui  a fait perdre  aux  hommes  la conscience  qu’ils   devraient  avoir  d’eux  mêmes   ,  l’espoir  et  la foi  dans   un  autre   sens  à donner  à  leur   vie  . Il  est   à la fois   messie, ,mage et  intercesseur   entre  ceux  qui  aspirent  en  une  réconciliation   de  l’homme  avec  cette  nature  et ce  que  l’homme   a  dénaturé et  surtout   à  une  réconciliation  de  l’individu   avec  lui  même.  
Sa mission  est  d’entretenir   cette  flamme   que  constitue  le  rêve  de  chacun  et  aussi  de  le guider sur  le chemin qui  lui  permettrait  de  se  retrouver .
A  trois  ils  vont  s’aventurer  dans   la Zone :  le stalker , le scientifique   et l’ écrivain  ., les  deux  derniers   en quête de  leur  vérité , l’un portant  avec lui  le  défi  de  ses  certitudes  , le second  lourd  de son  scepticisme.
Ils   se lancent  alors  dans  ce  qu’on  pourrait   voir  comme  un  long  parcours  initiatique     leur   inconscient   fait  surgir   à  chaque   pas  les   pièges qui  les  tiennent  éloignés de   leur désirs  avoués  «  les  hommes  ne  savent  pas  ce qu’ils  veulent  .  Ils  désirent  une  chose  et  en obtiennent  une  autre  différente  . Je  milite pour un  végétarisme  universel  et  mon  inconscient    rêve  d’un  steack  bien  saignant  . » 









Outre   ses reflexions  métaphysiques   sur  le  sens  de  la  vie   ,  et   son  pessimisme  sur  la civilisation  humaine  , le progrès  des  technologies  et  la  perte  de  la spiritualité  , ce long  parcours  initiatique   semé  d’embuches,   est  l’occasion pour Tarkovski de    developper  quelques uns de ses  thèmes  favoris  dans  les  dialogues   où il  oppose   le  scientifique  et  l’homme de  l’art :
L’angoisse  de   l’ecrivain :
Comment puis-je  me dire écrivain  si  je  hais  l’écriture , qu’elle m’est  souffrance,   occupation  morbide,  honteuse ?  J’ai  longtemps  cru  que mes  livres   aidaient   à  vivre   quelques  lecteurs.Mais qui  a besoin  de  moi ? Moi  qui  pensais  pouvoir  les  changer  , ces sont eux  qui  m’ont  changé  a leur  image  à leur  ressemblance

qui  se  traduit  aussi  dans  la peur  qu’il  conçoit    à  l’idée   de  la  réalisation  de  son  vœu :
« et  si je deviens  un  génie ? Celui qui  écrit   ne le  fait que  parce  qu’il  souffre , qu’il  doute .Il  ressent   à  tous  moments  le  besoin  de   prouver   à  son  entourage  qu’il  n’est  pas  un  zéro ,qu’il  vaut  quelque  chose Mais  si  je sais   preuve  x   9   que je  suis   un génie   qu’est-ce qui  m’inciterait   à  écrire ?"


 

Sur  l’Art
« Toutes  vos  sciences  c’est pour  travailler moins  et pour  bâffrer  plus.  Des  béquilles,  des  prothèses. Le genre humain  n’est pas là  pur   ça   ,  il  est là  pour  créer des  œuvres  d’art
Action desinteressée à  la différence  de   toutes les autres  actions  humaines »

A propos  de  la  musique
« Disons   la musiqueelle  qui  procède   le moins  du  réel et  s’il y  a  un  lien  il  n’est pas  ideel  il  est  mécanique.Un son   sans  signifiant sans  associations  mentales  et  ça  ne  l’empêche  pas d’aller  toucher  miraculeusement au  fin  fond  de l’âme
Qu’est-ce donc  qui  résonne en  nous à ce qui  n’est jamais  qu’un  bruit  harmonisé ? Qu’est-ce qui  le  transforme  en une  source  de plaisir élevé, et nous  fait  communier dans  ce plaisir  et nous   bouleverse. ?
A quelle  fin  tout  ceci  et  qui  en  a  besoin ? »


 
Parvenus  au seuil  de  la  Chambre  les   hommes  seront  confrontés   à  leur s choix   , renoncer   aux  passions  qu’ils  auront  entraperçues, aller  jusqu’au  bout  d’eux  mêmes   ou  bien  renoncer  plus   simplement   à croire en  la  possibilité d’un changement  fut  il  leur  vœu le   plus  cher  et  le  plus  sincère  .
 
Stalker   dans  la grande  scène  finale  de  son  désespoir   les accuse   :
« Chez les  hommes  l’ organe  de la  foi  est  atrophié . Ils ne croient à  rien  « 
Paradoxe du  stalker 
Il ne suffit  pas  de  croire   , il  faut  aussi  avoir  le  courage  d’éprouver   sa foi   et  ce  courage  manque  au   stalker .  Dans  sa peur  de  l’échec  il  ôte  toute  crédibilité  à  sa théorie   et  ses  voyages  dans  la  zone   ne lui  sont  jamais   profitables  .  Au mieux  s’attirera-t-il  la fidélité  d’un  chien  . eloge de la fidélité  comme  vertu  supérieure ?
On  peut  le  penser  quand  on  on  écoute  les  confidences  de  la  femme  du  Stalker  et   sa conception   du   bonheur  dans  l’acceptation  de  son  sort  .
La  toute  dernière  partie  du  film  est  une  apothéose  d u spirituelun défi  au matérialisme exclusif , mais je  ne vous  volerai pas  cet instant  de  pur   bonheur  




mardi 21 août 2012

Francesco Hayez :romantisme italien

 Francesco  Hayez
1791-1882

Entre  romantisme  et  réalisme italiens

D'abord  influencé  par  Raphaël  et  Ingres   et  Canova .  A partir de  1817 il abandonne  les rigueurs  du   néo-classiques   pour   une  expression  plus  sentimentale  exprimée   à  travers  des regards  et  des  gestes  expressifs et  des gradations intenses de couleurs Il  atteint  sa  maturité  à Milan où  il  trouve  l'effervescence d'un climat  patriotique  et  passionné   favorable  à  sa  peinture. Dans la grande  composition  du  tableau   Pietro  Rossi   prigionero  degli   Scaligeri   exposé    à Brera  en 1820  la peinture  fut  lue  comme un symble  d'espoir dans la lutte  pour  la cause nationale  et  interprétée   à  la lumière des ferments libéraux  , acclamée  comme  le manifeste  du  tournant  romantique  de la   peinture  italienne.

Pietro  Rossi   prigionero  degli   Scaligeri 




Milan   Pinacothèque   de Brera
(1859)


 ébranlé  par  les echecs de   la politique de liberation  italienne  il  peint  des  portraits   féminins   d'inspiration    plus  mélancolique reflétant  inquiétude   et  sensualité ..

Melancholoscher   gedanke  (1842)
Odalisque (1867)



et  laisse  de  nombreux  portraits de ses  commanditaires  aristocratico-libéraux   milanais   dont  celui  de  l'écrivain Alessandro  Manzoni

lundi 20 août 2012

Samson et Dalila : Gustave Moreau / A . de Vigny

Gustave  Moreau , Samson  et  Dalila



"On ne connait  pas assez la biographie  intime   de  Gustave  Moreau pour  savoir   qu'elles étaient  exactement ses préférences littéraires. Mais  dans cette opposition fortement  contrastée des deux natures  de l'Homme et  de la Femme, ne retrouve-ton  pas la conception  amère  , développée  en vers d'une  si  grave  et  si  hautaine mélancolie, dans la Colère de Samson d' Alfred.  de   Vigny ?  Ce n'est  pas le seul  point  de  similitude   entre  ces deux  grand s  songeurs solitaires , qui  se détournaient  de  la Nature  indifférente   pour contempler  la   majesté des  souffrances  humaines."

C'est ce qu'écrivait  Léonce   Bénédite , critique  et  conservateur  (Musée  du  luxembourg  et  Musée   Rodin ) en   1899 , dans la revue  d'art  ancien  et  moderne    dans  une  analyse  comparée  de   Gustave  Moreau  et  Burnes-Jones   "l' Idealisme en  France  et  en  Angleterre  .


La colère de Samson
Le désert est muet, la tente est solitaire.
Quel Pasteur courageux la dressa sur la terre
Du sable et des lions? - La nuit n'a pas calmé
La fournaise du jour dont l'air est enflammé.
Un vent léger s'élève à l'horizon et ride
Les flots de la poussière ainsi qu'un lac limpide.
Le lin blanc de la tente est bercé mollement ;
L'oeuf d'autruche allumé veille paisiblement,
Des voyageurs voilés intérieure étoile,
Et jette longuement deux ombres sur la toile.

L'une est grande et superbe, et l'autre est à ses pieds :
C'est Dalila, l'esclave, et ses bras sont liés
Aux genoux réunis du maître jeune et grave
Dont la force divine obéit à l'esclave.
Comme un doux léopard elle est souple, et répand
Ses cheveux dénoués aux pieds de son amant.
Ses grands yeux, entr'ouverts comme s'ouvre l'amande,
Sont brûlants du plaisir que son regard demande,
Et jettent, par éclats, leurs mobiles lueurs.
Ses bras fins tout mouillés de tièdes sueurs,
Ses pieds voluptueux qui sont croisés sous elle,
Ses flancs plus élancés que ceux de la gazelle,
Pressés de bracelets, d'anneaux, de boucles d'or,
Sont bruns ; et, comme il sied aux filles de Hatsor,
Ses deux seins, tout chargés d'amulettes anciennes,
Sont chastement pressés d'étoffes syriennes.

Les genoux de Samson fortement sont unis
Comme les deux genoux du colosse Anubis.
Elle s'endort sans force et riante et bercée
Par la puissante main sous sa tête placée.
Lui, murmure ce chant funèbre et douloureux
Prononcé dans la gorge avec des mots hébreux.
Elle ne comprend pas la parole étrangère,
Mais le chant verse un somme en sa tête légère.

" Une lutte éternelle en tout temps, en tout lieu
Se livre sur la terre, en présence de Dieu,
Entre la bonté d'Homme et la ruse de Femme.
Car la femme est un être impur de corps et d'âme.

L'Homme a toujours besoin de caresse et d'amour,
Sa mère l'en abreuve alors qu'il vient au jour,
Et ce bras le premier l'engourdit, le balance
Et lui donne un désir d'amour et d'indolence.
Troublé dans l'action, troublé dans le dessein,
Il rêvera partout à la chaleur du sein,
Aux chansons de la nuit, aux baisers de l'aurore,
A la lèvre de feu que sa lèvre dévore,
Aux cheveux dénoués qui roulent sur son front,
Et les regrets du lit, en marchant, le suivront.
Il ira dans la ville, et là les vierges folles
Le prendront dans leurs lacs aux premières paroles.
Plus fort il sera né, mieux il sera vaincu,
Car plus le fleuve est grand et plus il est ému.
Quand le combat que Dieu fit pour la créature
Et contre son semblable et contre la Nature
Force l'Homme à chercher un sein où reposer,
Quand ses yeux sont en pleurs, il lui faut un baiser.
Mais il n'a pas encor fini toute sa tâche. -
Vient un autre combat plus secret, traître et lâche ;
Sous son bras, sous son coeur se livre celui-là,
Et, plus ou moins, la Femme est toujours DALILA.

Elle rit et triomphe ; en sa froideur savante,
Au milieu de ses soeurs elle attend et se vante
De ne rien éprouver des atteintes du feu.
A sa plus belle amie elle en a fait l'aveu :
" Elle se fait aimer sans aimer elle-même.
" Un Maître lui fait peur. C'est le plaisir qu'elle aime,
" L'Homme est rude et le prend sans savoir le donner.
" Un sacrifice illustre et fait pour étonner
" Rehausse mieux que l'or, aux yeux de ses pareilles,
" La beauté qui produit tant d'étranges merveilles
" Et d'un sang précieux sait arroser ses pas. "

- Donc ce que j'ai voulu, Seigneur, n'existe pas. -
Celle à qui va l'amour et de qui vient la vie,
Celle-là, par Orgueil, se fait notre ennemie.
La Femme est à présent pire que dans ces temps
Où voyant les Humains Dieu dit : Je me repens !
Bientôt, se retirant dans un hideux royaume,
La Femme aura Gomorrhe et l'Homme aura Sodome,
Et, se jetant, de loin, un regard irrité,
Les deux sexes mourront chacun de son côté.

Eternel ! Dieu des forts ! vous savez que mon âme
N'avait pour aliment que l'amour d'une femme,
Puisant dans l'amour seul plus de sainte vigueur
Que mes cheveux divins n'en donnaient à mon coeur.
- Jugez-nous. - La voilà sur mes pieds endormie.
- Trois fois elle a vendu mes secrets et ma vie,
Et trois fois a versé des pleurs fallacieux
Qui n'ont pu me cacher la rage de ses yeux ;
Honteuse qu'elle était plus encor qu'étonnée
De se voir découverte ensemble et pardonnée.
Car la bonté de l'Homme est forte, et sa douceur
Ecrase, en l'absolvant, l'être faible et menteur.

Mais enfin je suis las. - J'ai l'âme si pesante,
Que mon corps gigantesque et ma tête puissante
Qui soutiennent le poids des colonnes d'airain
Ne la peuvent porter avec tout son chagrin.

Toujours voir serpenter la vipère dorée
Qui se traîne en sa fange et s'y croit ignorée ;
Toujours ce compagnon dont le coeur n'est pas sûr,
La Femme, enfant malade et douze fois impur !
- Toujours mettre sa force à garder sa colère
Dans son coeur offensé, comme en un sanctuaire
D'où le feu s'échappant irait tout dévorer,
Interdire à ses yeux de voir ou de pleurer,
C'est trop ! - Dieu s'il le veut peut balayer ma cendre,
J'ai donné mon secret ; Dalila va le vendre.
- Qu'ils seront beaux, les pieds de celui qui viendra
Pour m'annoncer la mort ! - Ce qui sera, sera ! "

Il dit et s'endormit près d'elle jusqu'à l'heure
Où les guerriers, tremblant d'être dans sa demeure,
Payant au poids de l'or chacun de ses cheveux,
Attachèrent ses mains et brûlèrent ses yeux,
Le traînèrent sanglant et chargé d'une chaîne
Que douze grands taureaux ne tiraient qu'avec peine,
Le placèrent debout, silencieusement,
Devant Dagon leur Dieu qui gémit sourdement
Et deux fois, en tournant, recula sur sa base
Et fit pâlir deux fois ses prêtres en extase ;
Allumèrent l'encens ; dressèrent un festin
Dont le bruit s'entendait du mont le plus lointain,
Et près de la génisse aux pieds du Dieu tuée
Placèrent Dalila, pâle prostituée,
Couronnée, adorée et reine du repas,
Mais tremblante et disant : IL NE ME VERRA PAS !

Terre et Ciel ! avez-vous tressailli d'allégresse
Lorsque vous avez vu la menteuse maîtresse
Suivre d'un œil hagard les yeux tachés de sang
Qui cherchaient le soleil d'un regard impuissant ?

Et quand enfin Samson secouant les colonnes
Qui faisaient le soutien des immenses Pylônes
Ecrasant d'un seul coup sous les débris mortels
Ses trois mille ennemis, leurs Dieux et leurs autels ? -

Terre et Ciel ! punissez par de telles justices
La trahison ourdie en es amours factices
Et la délation du secret de nos coeurs
Arraché dans nos bras par des baisers menteurs !
Alfred  de Vigny 
(http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alfred_de_vigny/la_colere_de_samson.html)

Samson et Dalila - Saint-Saëns et Rubens


Plácido Domingo & Olga Borodina - Samson et Dalila de  Camille  Saint-Saëns



samedi 18 août 2012

Richter Gerhard : au Centre Pompidou à Paris

 Gerhard  Richter

Quelques  unes  de ses différentes  manières  


Betty

Lectrice (détail)
Ema Nu dans l'escalier



Forêt

Abstraktes Bild (1992)


Bougie

Crâne


Prairie