mardi 29 octobre 2019

Indochine

1992
Film  de  Régis  Grangier
Musique de  Patrick  Doyle
avec
Catherine  Deneuve
Vincent  Pérez,
Linh Dan Phan
Jean  Yanne

La fin de la colonisation française  en  Indochine et la  naissance des deux  Vietnam : Nord Capitale  Hanoï et  Sud  : Capitale  Saïgon
Trailer  1992

vendredi 12 juillet 2019

La mission le film

Une  vidéo   de grande  qualité qui  sert bien  le  film :

https://youtu.be/LypWv1TmhoM

mercredi 27 mars 2019

Beethoven , Eroïca, Romain Rolland

Beethoven - Symphony No. 3 in E flat major, Op. 55 "Eroica" - II. Marcia Funebre: Adagio Assai

Romain  Rolland  consacra une  grande  partie  de  sa vie à  Beethoven ; homme  de  passions, son existence se  partagea entre  la musique , la littérature  et les grandes causes  qui à la fois  déchirent et exaltent  la conscience humaine avec  le  souci  permanent   d'authenticité  et   de   liberté de pensée.
Ci-après  une  page sur  la  troisième  symphonie de  son  "Beethoven", ouvrage commencé dans sa  jeunesse  et qui  l'accompagna jusqu'à sa  mort  en  1945.

L'Eroïca  


[…] Et  maintenant, jouissons, nous  les  gagnants  du  jeu  de la  Destinée, qui se  servit du malheur   de   Beethoven pour forger sa grandeur – jouissons de   l’œuvre forgée : de  ce prodigieux  Scherzo, tourbillonnant  et armé, de  ce  Finale dédié  à la  joie  et   à  la  liberté, de cette fête, de ces danses et de ces  marches exultantes, de ces ruisseaux du rire, des riches volutes de ces variations ! …Et voici qu’au  milieu, reparait  le  Héros, le  motif du début, le  Destin de la vie, qui  d‘abord s’ignorait et qui  maintenant atteint son  but, à cette  « Vollendung » 1, qui est  la cible  de  Beethoven, et dont  il  parle  souvent  dans  ses  lettres… Mais  reparait  aussi  la Mort, qui est  l’au-delà de  la victoire. – Cette fois, la victoire  la  nie. Et la voix de   la  Mort se noie  sous les hurlements de la  joie,  dans  une  ruée  de foule de la Révolution qui  piétine  les  Bastilles et  franchit  les tombeaux…
« Et  tout  cela, c’est toi  mon enfant ! … »
Cette Grande  Armée,  ces charges  héroïques, ces désastres,  ces victoires, ces tombes et  ces  jeux…Tout est en  toi. Est  toi…
Et  tout cela  ne suffit point  à  remplir  le   Moi-Univers !
En ces  jours  surhumains, de l’enclume de  Beethoven, forgeant l’Héroïque, jaillissent  les  étincelles de   dix autres  planètes :
Symphonie  Pastorale :
(Le fougueux motif des contrebasses dans  la fête  villageoise)
Léonore : 
(Le duo enivré)
Puis  les  cinq  premiers  morceaux  de  l’Opéra.
La sonate  Aurore, op. 53 
Le début  du  concerto  pour  piano en sol op.58
Le  scherzo de la symphonie  en  ut mineur, qui   brusquement   se  love  et  déroule  ses  anneaux de   cobra :
Et voici,  à la  porte, les coups  que  frappe  le  poing du  Destin !
Et je ne  parle  point d’une  averse  d’esquisses, d’œuvres  moindres, et dans tous les genres : Marches  et  retraites militaires  ...
[…]
En  tout ceci, de  l’octobre  1802 à l’avril  1804 ! … Cette gerbe  de  feu, une  pluie  d‘étoiles dans  la  nuit, une éruption de  Dieu, qui  projette  les  mondes, arrachés  de sa substance !  Quelle   nuit  de  la  Saint-Jean !...
On remarquera  qu’à mesure que  le  rythme de  création s’accélère,  les  œuvres de  joie  se  multiplient :  Pastorale, Aurore, Concerts de lumière, Lustige Sinfonia … Tant  il  est  vrai  que   le  principe  premier  de   la création, fût-il une  blessure, le jet  de sang qui jaillit est  la  joie  souveraine.  Même au prix  de la  pire douleur, la création est  Joie. Et  tout   le reste   n’est  rien…
Longtemps après, quand  il  avait  déjà  composé huit de   ses  neuf symphonies, quelqu’un --- le  poète  Christophe Kuffner – lui demandait  celle  qu’il préférait, Beethoven, sans  hésiter, répondit :
--L’Héroïque
-- J’aurais cru  l’Ut mineur ..
-- Non, non,  l’Héroïque !
A  plus de  cent  ans de  distance, nous  jugeons comme   lui. Elle  apparait   un miracle, dans  l’œuvre  même de   Beethoven. Si par  la suite  il a été  plus  loin, il n’a jamais  fait  d’un coup, un aussi  large  pas. Elle  est  un  des grands  jours  de  la  musique. Elle   ouvre une   ère.
 
1) l’accomplissement   parfait