mardi 7 août 2012

Blaise Cendrars dit par Vicky Messica - Prose du Transsibérien





Blaise Cendrars

Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France
Dédiée aux Musiciens
En ce temps-là j’étais en mon adolescence
J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance
J’étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
Et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
Que mon cœur, tour à tour, brûlait comme le temple
d’Éphèse ou comme la Place Rouge de Moscou
Quand le soleil se couche.
Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
Et j’étais déjà si mauvais poète
Que je ne savais pas aller jusqu’au bout.
Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare
Croustillé d’or,
Avec les grandes amandes des cathédrales toutes blanches
Et l’or mielleux des cloches…
Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode
J’avais soif
Et je déchiffrais des caractères cunéiformes
Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s’envolaient sur la place
Et mes mains s’envolaient aussi, avec des bruissements d’albatros
Et ceci, c’était les dernières réminiscences du dernier jour
Du tout dernier voyage
Et de la mer.

Pour lire  le Poème intégral ...

3 commentaires:

  1. Cette lecture de Vicky Messica est extraordinaire. Je la connaissais pour l'avoir écoutée il y a de nombreuses années ; je l'ai retrouvée chez vous. J'ai posté un lien vers votre blog au bas d'un article sur la Somme, illustré par l'image d'une main coupée faite de branchages. Elle se trouve sur les hauteurs du village de Frise - là où Blaise a perdu la sienne en 1915.

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  2. Merci pour votre commentaire. J'aimerais lire votre article que j'apprécierai certainement si vous pouviez m'indiquer un lien vers celui--ci . A travers Romain Rolland , Péguy, Zweig ...je m'intéresse particulièrement à cette période tragique mais si riche du point de vue artistique ! Merci encore pour votre intérêt.

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  3. Vous pouvez accéder à mon site et, par conséquent, à mon article (image de la main de Blaise en haut du texte) en cliquant sur mon nom. Ce n'est pas ce que j'ai écrit de meilleur (je suis sociologue, pas écrivain), mais je souhaitais garder une trace cette rencontre (et celle du cimetière chinois de Noyelles).

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