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mardi 11 octobre 2011

La Musica (Monteverdi, l'Orféo, Natalie Dessay)

Dessay : Hor mentre i canti alterno (Monteverdi)

La musique  (Nathalie Dessay)


De mon Pernesse aimé je viens à vous,
Illustres héros,  noble  sang  des  rois,
Dont la renommée  vante les mérites éclatants
Sans  atteindre à la vérité car  ils  sont  trop grands.

Je suis la  Musique et, par mes doux accents,
sais  apaiser tous les  coeurs troublés
Et puis enflammer d'amour ou  de noble courroux
Les sprits les plus glacés.

Chantant  sur ma cithare  d'or,
Je flatte  l'oreille des mortels
Et prépare ainsi l'âme à l'harmonie sonore
de la  lyre celeste.

Le désir me pousse ici à  vous parler  d'orphée
Orphée  qui  par son  chant apprivoise les fauves 
Et par  ses prières soumit l'Enfer
Gloire immortelle du Pinde et de  l'Hélicon.

Pendant mes chants  , tour à  tour  , tristes ou  gais
Qu'aucun  oiseau ne bouge parmi ces plantes
Qu'aucune onde ne murmure sur  ces rives
Et que chaque brise en  sa course s'arrête.
--
Dal mio Permesso amato  à  voi ne  vegno
Incliti  Eroi, sangue  gentil  del  Regi,
Di  cui  narra la Fama eccelsi pregi,
Nè giunge al  ver  perch' è tropp'alto il segno .
Io la  Musica son  ch'à i dolci accenti
So  far  tranquillo ogni turbato core,
Et  hor  di  nobil ira,  et  hor d'amore 
Poss'infiammar le più gelate menti

Io  sù cetera d'or cantando soglio
Morta orecchio lusingar talhora,
E in questa guisa a  l'armonia sonora
De la lira de Ciel più l'alme invoglio.

Quinci à  dirvi d'Orféo desio  mi sprona
D'Orféo che  trasse al  suo  cantar le fere
E servo fè l' Inferno à  sue  preghiere
Gloria immortal di  Pindo e  d'Elicona.

Hor mentre i cnanti alterno hor lieti, hor mesti
Non si  mova augellin fra queste piante
Nè s'oda in queste rive onda sonante,
Et  ogni Auretta in suo  camin s'arresti.

 Livret  d'Allessandro Striggio


L'Orféo

Fable en musique  en un  prologue et trois actes

Livret  d'Alessandro Striggio
Première représentation à Mantoue le  24 fevrier  1607

Sur le livret de Striggio,  Monteverdi , Monteverdi a composé  une musique qui,  par  sa force dramatique, par  sa  capacité  à  exprimer les passions humaines, par l'ampleur de son  souffle, est si  parfaite qu'elle constitue depuis, le  point de référence obligatoire de toute la production  lyrique.
Dans l'histoire du mélodrame l'Orféo est  un repère capital Les parties vocales  sont précisément  écrites . la  partie  instrumentale ,  en  revanche , suivant l'usage de l'époque est  limitée  à la basse  chiffrée et laisse une large place  à  l'improvisation Les monodies récitatives  alternent avec des ariosos (forme  intermédiaire entre l'aria et le recitatif accompagné) des strophes et  des choeurs à  cinq  voix, a cappella  ou accompagnés.
 Les partitions  orchestrales ne sont entièrement écrites que pour les ouvertures , les ritournelles et les variations de scène entre Charron  et  Orphée. Les indications  ne sont données que de façon  sommaire 
Contrairement  à  la Camerata fiorentina  qui  avait réduit au minimum  l'accompagnement instrumental  , Monteverdi utilise un  orchestre remarquable par le nombre des instruments  et la variété des timbres .
(Dictionnaire de l'opéra)


mercredi 5 octobre 2011

Orfeu negro

Pour  fêter  une  nouvelle  amitié  :  si  un  air   chanté  par  des  enfants  peut   faire  se lever   le  soleil !....


Cette video  pour   ses  merveilleuses  couleurs  d'un   lever  de  soleil  sur  la  baie de Rio ...


Celle-ci pour   ces  deux  acteurs merveilleux  qui  ont immortalisé le  film


 

Celle-ci  enfin  pour  la  poésie  d'Orphée  refusant  la mort  d' Eurydice  , dans la  traversée   symbolique  de  la  ville   aux  premières  lueurs  de l'aube  , clair  obscur  où se  réfugie  encore l'espoir  ....

lundi 22 août 2011

Rainer Maria Rilke : Sonnets à Orphée

médaille (1)



Les  sonnets à  Orphée

 Rainer  Maria Rilke
3
Un  dieu a ce pouvoir. Mais un  homme , dis-moi,
Comment le suivrait-il par  cette  étroite lyre ?
Discorde  est ton  esprit. Pas de  temple  dressé
Pour Apollon  à la croisée des chemins du  cœur.

Le chant de ton  enseignement n’est pas désir,
Ni la quête d’un bien  qu’on puisse atteindre  enfin.
Le chant est existence. Et le Dieu  l’a  facile.
Mais nous, Quand  sommes-nous ? A quel moment  fait-il

servir  la terre et les étoiles  à notre être ?
Ce n’est rien  de cela ,  jeune homme , quand tu  aimes,
Et même si  la voix force la bouche.  –Apprends

A oublier que tu  chantas. Cela  se passe.
Chanter  en  vérité se fait d’un autre souffle.
Rien  d’autre qu’un souffle.  Une brise en  Dieu.  Un vent  .
(Traduction de Armel Guerne )


Orphée   par Gustavve  Moreau   (détail)
(je ne suis pas germaniste  , alors  pitié  pour les  fautes !)

Ein  Gotts vermags.  Wie aber, sag mir, soll
Ein  Mann ihm folgen durch die  schmale Leier?
Sein Sinn ist Zwiespalt.  An der Kreuzung  zweier
Herzwege steht kein Templ  für  Apoll.

Gesang, wie du ihn lehrst, ist nicht Begehr
nicht Werbung um ein endlich noch Erreichtes;
Gesang ist Dasein. Für den Gott ein Leichtes.
Wann aber sind  wir ?  Und wann wendet er

an unser Sein die Erde und die Sterne ?
Dies ists nicht,  Jüngling, dass du  liebst, wenn auch
Die Stimme dann den  Mund dir  aufstösst,  - Ierne

Vergessen,  dass du aufsangst. Das  Verrinnt.
In Wahrheit singen ,  ist  ein  andrer Hauch.
Ein Hauch um  nichts.  Ein Wehn im Gott. Ein Wind.





(1) http://www.medaillescanale.com/entreprise_creation.asp

samedi 28 mai 2011

Orphée de Jean Cocteau : "Les miroirs sont les portes par lesquelles la mort vient et va."


Orphée - Jean Cocteau-


Orphée (1950) Bande Annonce VF [HD]

 - Tu me brûles  comme  de la glace 

- Remontez le  temps;  il  faut  que  ce qui  a été ne  soit  plus 

Dialogue entre Heurtebise et   Orphée

Heurtebise : Orphée ! Orphée ! Vous connaissez la mort !
Orphée : Ah!... J'en parlais, j'en rêvais, je la cherchais. Je croyais la connaître. Je ne la connaissais pas.
heurtebise, secouant Orphée : Vous la connaissez, en personne.
orphée, abattu : ...en personne.
Heurtebise : Vous êtes allé chez elle !
Orphée : ... chez elle ?
Heurtebise : Dans sa chambre, dans sa propre chambre.
Orphée, s'exclamant :  La princesse. Mon Dieu... Le miroir !
Il se lève et va vers le miroir de la chambre

Heurtebise :  Je vous livre le secret des secrets. Les miroirs sont les portes par lesquelles la mort vient et va. Du reste, regardez-vous toute votre vie dans un miroir, et vous verrez la mort travailler, comme des abeilles dans une ruche de verre.
Orphée : Et comment savez-vous toutes ces choses redoutables ?
Heurtebise : Ne soyez pas naïf ! On n'est pas le chauffeur que je suis, sans apprendre certaines choses redoutables.
Orphée Heurtebise ! Il n'y a plus rien à faire !.
Heurtebise : Si ! La rejoindre !
Orphée : Aucun homme ne le peut ! Sauf s'il se tue.
Heurtebise :  Un poète est plus qu'un homme.
Orphée :Mais ma femme est morte ! Morte sur son lit de mort !
Heurtebise : C'est une forme d'elle, comme la Princesse est une des formes de la mort ! Tout cela est faux. Votre femme habite un autre monde, où je vous invite à me suivre.
Orphée, passionné :  Je la rejoindrais...aux enfers !
Heurtebise, pragmatique :  On ne vous en demande pas tant.

La descente aux Enfers


Dialogue entre Orphée et la Princesse

Orphée et La Princesse, attendant que la Princesse soit jugée par le tribunal de l'Autre Monde.

Orphée : Tu es toute puissante !
La princesse :  A vos yeux. Chez nous, il y a des formes innombrables de la mort : des jeunes, des vieilles, qui reçoivent des ordres.
Orphée :  Et si tu désobéissais à ces ordres ! Ils ne peuvent pas te tuer : c'est toi qui tues.
La princesse :  Ce qu'ils peuvent est pire.
Orphée :  D'où viennent ces ordres ?
La princesse :  Tant de sentinelles se les transmettent, que c'est le tam-tam de vos tribus d'Afrique, l'écho de vos montagnes, le vent dans les feuilles de vos forêts.
Orphée :  J'irais jusqu'à celui qui donne ces ordres.
La princesse :  Mon pauvre amour, il n'habite nulle part ! Les uns croient qu'il pense à nous. D'autres, qu'il nous pense.  D'autres qu'il dort, et que nous sommes son rêve, son mauvais rêve... 

Autres  dialogues

(Le sang  d'un  poète , le testament d'Orphée)

Dialogue entre la  Princesse  (la  Mort) et Orphée)

La  princesse :  Décidement, vous dormez !
Orphée : Oui, oui, je dors. C'est très curieux.  Mais enfin, m'expliquerez-vous ?
la princesse : Rien. Si vous dormez, si vous rêvez, acceptez vos rêves. C'est le rôle du dormeur.
 Orphée :  J'ai le droit d'exiger des explications !
la princesse :  Vous avez tous les droits cher Monsieur, et je les ai tous.
Nous sommes quitte.

- La mort  d'un  poète  doit  se  sacrifier pour le  rendre immortel 

(dialogue entre Orphée et l’ancien  poète)


Ancien poète :  Elle est étrangère et elle ne peut pas se passer de notre milieu. Voilà sa revue.
Il tend à Orphée un album de pages blanches

Orphée :  Je ne vois que des pages blanches !
Ancien poète :  Celà s'appelle «NUDISME».
Orphée :  Mais c'est ridicule !
Ancien poète : Moins ridicule que si ces pages étaient couvertes de textes ridicules ! Aucun excès n'est ridicule !
Orphée, votre plus grave défaut est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin.


Dialogue  entre Orphée et Cegeste

le poète : Cégeste !
cégeste : C'est toi qui m'a nommé.
Le poète : J'ai peine à te reconnaître. Tu étais blond.
Cégeste :  Pour un film. Cette fois, ce n'est plus un film. C'est la vie.
 Le poète :  Tu étais mort.
Cégeste :  Comme tout le monde.
Le poète :    pourquoi reviens-tu par la mer ?
Cégeste :  Pourquoi. Toujours pourquoi. Vous cherchez trop à comprendre. C'est un grave défaut.
Le poète :  J'ai déjà entendu cette phrase.
Cégeste :  Vous l'avez écrite. Prenez cette fleur...
Le poète :  Mais cette fleur est morte !
Cégeste :  N'êtes-vous pas expert en phénixologie ?
Le poète : Qu'est-ce que celà ?
Cégeste C'est la science qui permet de mourir un grand nombre de fois pour renaître.
le poète :  Je n'aime pas cette fleur morte.
Cégeste :  On ne ressuscite pas toujours ce qu'on aime. En route...
Le poète :  Où allons-nous ?
Cégeste :  Ne m'interrogez plus.

mercredi 25 mai 2011

La mort d'Orphée


Gustave  Moreau


La mort d'Orphée 

La mort d'Orphée est racontée de diverses manières et sert de support à différents mythes .
 On admet généralement qu'il fut tué et déchiré par des femmes Thraces à son retour des Enfers .
Mais les causes divergent :
Tantôt on prétend que sa fidélité à la mémoire d'Eurydice inspira la jalousie des femmes Thraces qui se considérèrent comme insultées et le condamnèrent à mort .

D'autrefois qu'Orphée ayant renoncé à la compagnie des femmes se serait entouré de jeunes gens Les femmes alors auraient décidé de le punir pour  ses amours contre nature .

Enfin, en revenant des Enfers Orphée aurait fondé des mystères  au cours desquels il initiait les hommes aux secrets qu'il avait découverts dans l'Au-delà.  Mais il en interdisait l'accès aux femmes. Un soir que les hommes étaient rassemblés chez lui sans armes, les femmes massacrèrent Orphée et ses fidèles .
Quand les femmes Thraces eurent déchiré le corps d'Orphée , elles en jetèrent les morceaux dans le fleuve qui les emporta jusqu'à la mer. La Tête et la Lyre du poète parvinrent jusqu'à Lesbos où les habitants élevèrent un tombeau pour abriter ces reliques .
C'est autour de cette figure d'Orphée que se forma la théologie dite orphique, qui semble avoir été essentiellement une révélation des mystères de la mort et une série de pratiques et de conseils destinés à permettre aux fidèles de parvenir au pays des Bienheureux.

D'après : Mythologie de la Méditerranée au Gange sous la dir. de P. Grimal)

mardi 24 mai 2011

Claudio Monteverdi - L'Orfeo





Claudio  Monteverdi :  L'Orféo


 "Demain soir  son  Altesse  Sérénissime le  Prince fera représenter une pièce dans  une  salle des  appartements autrefois  réservés à Son  altesse Sérénissime Marguerite  de Ferrare.  Celà promet  d'être  fort singulier, car  tous les acteurs vont  chanter leur rôle; on dit  de  tous  côtés  que  ce sera un  grand  succès. Nul  doute que  je  vais m'y rendre, poussé  par  la curiosité,  à  moins de ne pouvoir pénétrer  dans  la  salle  faute  de place ."

C'est  ce qu'écrivait à son  frère ,le  23 fevrier 1607,  Carlo  Magno,  gentilhomme  de la  cour  de  Mantoue, au  sujet  d'un divertissement  recommandé par le  Prince héritier  Francesco Gonzaga.



 L'Orfeo - Ouverture