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dimanche 11 mars 2018

The road


la route)
le  film  :  sortie  2009
De  John  Hillcoat et Joe  Penhall


avec  Viggo  Mortensen

Musique  de  Warren  Elis et   Nick  Cave



D'après le  livre de  Cormac  MacCarthy




Une  histoire  d'errance  post-apocalyptique    d'un  homme  avec  son  enfant  , écrite et  filmée avec  un  souci  d'hyper réalisme fascinant  . 

dimanche 14 août 2016

Safy Nebbou, Dans les forêts de Sibérie (2016)


Un film de Safy Nebbou,
librement adapté du roman de Sylvain Tesson
Musique d’Ibrahim Maalouf


Je suis sortie de la salle toute éblouie par la lumières de ces paysages sibériens. Un peu plus tard je me suis dit que le film manquait peut être d’un peu de consistance.

L’intrigue est maigre : une rencontre improbable dans des lieux improbables, un rêve de retour aux sources pour l’un, une errance expiatrice pour l’autre, une amitié solide qui se noue entre deux hommes si différents, deux solitudes qui se croisent, le thème n’est pas original.

La nature sauvage de la Sibérie avec les splendeurs d’un lac Baïkal filmé au fil des saisons et des heures serait-elle le seul mérite du film à provoquer l’enchantement ?

C’est possible mais cette débâcle interminable évoquant un tableau de Friedrich bien connu, la puissance des sautes d’humeur des éléments sous des latitudes que bien peu d’entre nous auront affrontées justifie déjà notre enthousiasme. C’est une succession d’images à couper le souffle, la suggestion efficace de sensations fortes au service de l’imaginaire du froid, de la glace, de la neige, c’est le miroir étincelant et infini du lac qui vient à se briser, exploser à l’arrivée du printemps dans le grondement titanesque remontant de ses profondeurs insondables.

Mais il y a aussi ces deux hommes qui malgré la maigreur du scenario grandissent, s’enflent à la réflexion, au fur et à mesure que notre curiosité les rattrape.
 
Nous voulons crédible leur belle amitié où l’essentiel des échanges limités par la barrière de la langue se réduit le plus souvent aux gestes et aux regards. Le plus jeune ne parle que quelques mots de russe. Il nous apparaît un peu naïf, fragile dans ce contexte d’une nature si sauvage. Mais c’est cette innocence qui va les attirer l’un vers l’autre en réveillant le sentiment protecteur chez le plus vieux, fugitif, banni par les siens, condamné à errer aux portes de l’Enfer pour une faute commise dans un de ces moments d’égarement qui décident de toute une vie.

Dans ces longues années passées dans l’isolement de ces lieux hostiles il a apprivoisé le désert glacé, il connaît ses pièges, il peut transmettre son savoir au jeune candidat à l’ermitage mais il sait que là n’est pas la place de l’Homme, que cette beauté glace le cœur sans l’apaiser et dans un sublime sacrifice que lui offre le hasard de cette rencontre, il va renvoyer son compagnon vers le monde des hommes.

L’aventure se déroule sous nos yeux, toujours couverte par le spectacle de la nature auquel le réalisateur réserve constamment le premier rôle. Cette relation qui n’est absolument pas construite dans un registre minimaliste donne à l’ensemble un étrange sentiment de pudeur, une pudeur si souvent absente des productions cinématographiques et qui pourrait bien vouloir rappeler la portée dérisoire des actions humaines.

dimanche 26 février 2012

Le dernier rivage (On the beach)

sortie 1959
cinéaste, réalisateur  : Stanley Kramer
Grégory Peck
Ava Gardner
Fred Astaire
Anthony Perkins


Le film  est sorti  en 1959;  l'histoire se situe en 1964.
"La  guerre nucléaire  a eu  lieu. Il  n'y a ni vainqueur ni vaincu puisque l'humanité  a été rayée  de la carte.  La mort  et la désolation regnent sur le monde. Seuls les Australiens et les hommes du sous-marin Sawfih ont survécu à l'apocalypse nucléaire. Mais  les retombées radioactives se rapprochent inéxorablement des côtes australiennes  et l'issue semble inéluctable Confronté à une mort  certaine , chacun vit ses dernières heurs à sa manière.
Réalisé pendant la guerre froide, le  dernier  rivage aborde un thème central  de cette  époque : la puissance nucléaire. Stanley Kramer (jugement à  Nuremberg) cinéaste militant et radical , lance  , avec ce film , un sérieux et spectaculaire avertissement sur les dangers de l'ère  atomique. Ce chef-d'oeuvre  de Science  Fiction est  le premier  à bénéficier d'une distribution  aussi  éblouissante."



La menace nucléaire ne nous touche plus guère ou bien plutôt nous ne sommes que trop  convaincus  et là  n'est plus vraiment l'intéret  du film . Mais c'est bien le  second argument  qui en fait l'intéret et sa valeur par la manière dont il est  traité  .
Comment vivre les  derniers moments de son  existence  quand une menace aussi  inéluctable qu'invisible se profile à l'horizon  et que le temps du sursis  n'est pas mesuré .Celui-ci  s'étire ou  se  rétracte au  rythme des angoisses individuelles . Pour certains  (ce qu'on envisage  le plus souvent ) les conventions sociales  s'effondrent ,  les inhibitions  volent en éclat ;  desespoir ,haine et violence , désordre extrème traduisent couramment  ces fictions apocalyptiques . Ce n'est pas le parti  pris par  Kramer . Le ton du  film  est plutôt  méditatif . le conflit  et son cortège  d'horreurs est  absent  bien qu'il  pèse lourdement  sur tous les personnages L'ouragan est passé,  ses dévastations  trop  lointaines. Le mal qui  approche  le fait à pas feutrés ,  sournoisement  :  on ne livre plus de lait , les journaux  ne donnent plus de nouvelles de l'étranger  ... mais la vie continue . Combien  de  temps encore ? nul ne le sait  .
Les  habitudes  des  habitants de  cette petite ville australienne  très conventionnelle  semblent vouloir étouffer  dans leur routine  le destin auquel ils vont  devoir faire face comme une manière  de conjurer le sort   , de résister à cet ennemi  sans corps.
Mais peu à peu les résistances se lézardent  , des fissures apparaissent dans les rouages bien huilés de  cette petite société  restreinte qui joue pour nous le dernier acte. Personnalités  différentes, sans outrance, chacune est confrontée  aux  non-dits  de son  existence , à ses vains espoirs, à ses désillusions. Rendez-vous manqués avec le bonheur   , frustrations,  désirs  refoulés... Trop  tard pour la plupart ! Le sentiment général  d'un immense gâchis  à l'image  de la Bombe qu'on n'a pas su  désamorcer.  
Mais pessimiste  pour l'humanité ,  Kramer l'est  beaucoup moins pour l'individu .La peinture qu'il nous offre de ces hommes en  sursis n'est pas si noire avec une réflexion intéressante sur la mort et le  suicide !   

 





Je crois  qu'il  y a eu un  remake  sur  les  ecrans   TV  en  2009  Mais je n'en  dirai rien  ......

lundi 16 janvier 2012

Le Crabe Tambour





Auteur  et  réalisateur :  Pierre  Schoendoerffert ,  roman 1976 ,  film  1977 
Distribution 
Jean  Rochefort  :  Le  Pacha
Claude  Rich :  Pierre   le  médecin  de  bord 
 Jacque  Perrin :  Willsdorff alias  Le  Crabe- tambour
Jacque   Dufilho :  l'officier  mécanicienf
Odile Versois   et  Aurore Clément 

Musique  Philippe Sarde  



Sur le  fond  des évènements   historiques  de la  décolonisation française  , guerre d’Indochine  jusqu’à  Dien Bien  Phu en mai   1954  , guerre  d’Algérie qui  s’est  terminée   par le  Putsch  d’Alger   appelé  encore   le  Putsch  des  généraux  en  Avril   1961 et   à  l’issue  duquel   De Gaulle   déclarera  l’indépendance  de  l’Algérie , le  destin de quelques hommes  unis  par  leur   milieu  social  ,  leurs   racines , leurs  idéaux  et  l’amitié mais  que les  évènements  vont néanmoins  séparer  , prisonniers  de leurs  convictions  personnelles  et   des  choix   auxquels  ils sont  les confrontés par    les circonstances  .

« La  rectitude  de  nos  choix   c’est  souvent le choix  entre un bien  et un  autre  bien «   
      
On  ne  reprochera  pas  à  P.  Shoendoerffer  d’avoir  choisi  ses  héros  dans   un  milieu  qui est le  sien  et  pas   forcément  le  nôtre  mais  dans celui-ci , comme  ailleurs,  les  hommes  doivent  faire face  aux  dilemmes  de  cette  rectitude  du  choix  quand   il  s’agit  d’opter   entre un  bien  et un  autre  bien , où   la  vertu   s’oppose   à une  autre  vertu   :  loyauté à  fidélité , courage  à  pitié, Honneur  à  humilité  .
La   valeur  de l’homme  ne  se  définit pas   par  la place  que  son  destin   lui  fixe  , par le  sort  que les  circonstances   lui  reservent  parfois  en le  broyant.,  mais  bien   plutôt  par  sa  résistance   et  sa  capacité à  rester  fidèle  à  lui-même sans  trahir  ses  engagements  .
Il  est  difficile  de  sortir  intact  d’un tel  combat   et   le compromis  tempère  le  plus souvent  nos  ambitions  d’un  absolu  inaccessible  en  lui substituant   une retraite  honorable  .

L’auteur  et réalisateur  Schoendorffer  a choisi  pour   illustrer  ce  drame de l’ ideologie  3  figures  humaines  particulièrment   significatives respectables  et   attachantes  trois  hommes de  valeur  égale dominés  dans le  film   par   la stature   du   Pacha,  le commandant  du  Jauréguiberry    admirablement  incarné par   Jean Rochefort  .

« Je suis  déjà  mort  une  fois  « 



Idéalement  puisque  dans le  film  nous ne  le  voyons  que  dans   ce  rôle   d’ Officier  de  la Marine  Française à l’existence  vouée    exclusivement  à  son  commandement , au  bateau  et  à  son  équipage,  mais  avant  tout à  la  Marine   Française  et à  la République  ( Impossible  de ne pas songer  à Grandeur  et  Servitude   miltaire  de   notre  grand  poète   A. De  Vigny) ,  cet homme   de  devoir et  d’orgueil  n’ a  failli  qu’une  fois  dans  sa  vie  .  Et   sur  cette  passerelle   du  Jauréguberry     où  i l assure  sa  dernière mission  c’est  pour   rencontrer  la  mort  une  seconde   fois  et rendre les  armes  à  son  juge  implacable qu’il  vient  encore défier dans  cet   enfer  sublime  de l’Atlantique  Nord  .

Pierre (Claude Rich  ), le médecin  du  bord  , connait  lui  aussi   celui  qui hante   les   bancs   de  Terreneuve  sur son  chalutier  devenu   légendaire pour  les  marins  internationaux qui  croisent  dans  ces   eaux  maudites  afin d’  assurer  leur  subsistance   dans  un des plus  durs  métiers du monde.   IL  a  peint   son  bateau  Le Chamrock de  Fécamp . Sa  proue  porte   les  yeux   des    dragons  asiatiques  perçant     le  brouillard  et  les brumes  qui  ,  en hiver durant le s campagnes  de pêche ,  fondent  la mer   et  le  ciel  dans  une  grisaille   opaque  glaciale et humide chargée  de  sel  et   d’embruns.  
Il  a  connu  Willsdorff ,  le  Crabe-Tambour, au  Vietnam  , tous deux  amoureux de  ce pays  , tous  deux  convaincus  de  leur  devoir   et  de  la légitimité de leur  présence   bénéfique,  à leurs  yeux  . La vraie  vie  était  là-bas   et quand   la  France   a  dû  abdiquer après   Dien  Bien  Phu en  1954, ils  avaient promis  de  tout  quitter...



« Adieu  vieille  europe  que le  diable   t’emporte «

Mais  Pierre   n’est  ni  parti  plus  loin, ni  encore  moins resté .  Pierre a abandonné  le   Vietnam   est  rentré dans le  rang  et  il  a continué d’exercer  sa profession  de médecin   militaire   là  où  la   France  le  lui commandait  . 
Il  sait  aussi   que  sa  rencontre  avec le   Charomk   rouvrira  quelque blessure  d’une  promesse non  tenue , i l devra  aussi  rendre   des  comptes  .mais son    role  humanitaire   qu’il  doit  à  sa   profession , le  dispense  d’amertume   sans  gommer pourtant toute   la nostalgie  d’un  engagement   à demi   respecté   .



Quel est  donc ce  diable   au  sobriquet  de   Crabe-tambour qu’ils redoutent   et qu’ils poursuivent  ? ….. leur  conscience  . 
Il  avait   l’habitude  de porter  la  sienne  dans  ses bras  ,  un  chat  noir  dont il  ne se  séparait  jamais  
«  c’est  ma  conscience  disait - il , vous voyez  elle  est noire ,   mais   bien moins jolie  à  regarder ... et comme vous voyez aussi  , elle  est  incorruptible"



Le charisme dont le pare  Schoendoerffer  nous  fait penser  à  l’un  de  ces  êtres lumineux qui  vous brûlent lorsque vous les  approchez  de trop   près  .  Un  Rimbaud ,  exigeant  ,  intransigeant  , aventurier par  soif  de  vivre  et  de  tout  goûter , mais  brûlant  d’un ideal  au regard  duquel   ils  ne supportent  pas  de  compromis  en  particulier  lorsqu’il   vous  a élu  parmi   ses  amis  .
 Le monde  est leur monde  et ils  dictent leurs  règles .Ils  exigent  de vous la perfection  , celle   de  leur   ideal sous peine  de  déchéance.  Aveuglés  par leur  soif  d’absolu ils  font  de   vos  faiblesses   une  faute . et  peuvent  frapper  à mort  ceux qui  les  aiment .



Ajoutons   un  dernier acteur   omniprésent :  la  mer  .
La mer  dans   sa beauté la plus cruelle  de  l’Atlantique  Nord  . C’est  dans  ce  film  que  j’ai   vu la meilleure  representation  de  son  immensité et  de  sa puissance   . Que  ce soit  lorsque  l’étrave  du navire   fend  les lames dans  des gerbes  d’ecume   ,  ou  quand la houle soulève    mollement   ces  énormes masses  liquides  alourdies par le  gel de l’antartique  . Vaste  plaine  infinie   toujours  en  mouvement , ou deferlantes  coiffées  d’écume  au-dessus   d’abîmes  mouvants menaçant   le bâtiment   « il  souffre  «  dit  le  commandant   quand   le  fer    gémit  sous les  coups  de  boutoirs  .
L’analogie   entre  le combat   qui  se  joue  sur  l’eau  et  les  états  d’âmes  des protagonistes  est  trop  évidente  pour   la commenter  .
Pour l' anecdote , on  verra     le  tableau   de  Van  de Velde  si  souvent   derrière   le  commandant  et   son livre  de  chevet , un  livre  de  Conrad  .


 Il faudrait  aussi   parler  de Dufilho   le  sage  ou  le  fou  , fou  comme  le  rhéteur  de  son village  bigouden  dont   il  aime  emprunter les   fables  pour  tourner  en  dérision   les  drames   qui   hantent  le  carré  des  officiers .


"Qu'est-ce  qu'il  y  a  donc là-haut  pour  agiter  ainsi  le  coeur  de l'homme  ?  ... Rien." 





mercredi 28 décembre 2011

La mort en direct






La  mort en  direct  
de  Bertrand  Tavernier  

avec  Romy  Schneider   et Harvey Keitel
1980
 Musique de  Antoine   Duhamel


Un  film  qui ne se raconte  pas  , alors  simplement   un extrait  du commentaire  de David  Rault sur Amazon:

  Extrapolation terriblement visionnaire des excès et débordements de ce qui ne s'appelait pas encore la télé-réalité, La Mort en direct est un réquisitoire contre le voyeurisme, pour la liberté ; une histoire d'amour sombre, teintée de fantastique ; un drame social comme Tavernier sait parfaitement les peindre. Le duo étonnant Romy Schneider/Harvey Keitel fonctionne parfaitement, la fragilité de l'une contrebalançant la force et le désarroi grandissant de l'autre, face à une situation irréelle et bouleversante. Du grand cinéma. --David Rault




Quelques images   supplémentaires  quand même  :






















"Qu'est-ce  qui  est le plus dur  Catheriene :  subir une   déception   ou  décevoir  ? "




Qu'est-ce  qu'un rêve ?







dimanche 25 décembre 2011

Le Silence : Bergman , Brahms , Richter ....


The Silence - Bergman / Piano Concert nº 2 - Brahms 

 

Le Silence  

 Ingmar  Bergman 

(Suède  1963 )

Anna et   Esther,  deux soeurs, rentrent  en  Suède après un voyage à l'étranger. Elles sont  accompagnées  de  Johan le  fils d'Anna  . A  la suite d'un  malaise d'Esther, elles  font halte  dans une ville inconnue, dont les habitants  parlent une langue qui leur  est tout à fait  étrangère. Dès lors,  Esther  et Anna   sont  confrontés  au  silence  de l'incommunicabilité  .

 

Le Silence     est parfois  considéré  comme faisant partie  d'une trilogie réunissant  également "  A travers le miroir" et  les Communiants" et  baptisée la trilogie  de l'absence  de  Dieu.  Après  avoir rmpu  avec la foi  dans les  deux précédentes oeuvres , le cinéaste  explore dans le silence  les moyens  d'échapper  à la solitude. Un  film  au climat oppressant,  magnifiquement inyerprété  .


mardi 13 décembre 2011

J'avais une ferme en Afrique .... (Out of Africa )

"out of  africa"


  en français : Souvenirs d'Afrique

1986 (sortie en  France)
Réalisateur :  Sidney  Pollak
Musique : John  Barry - 
et Thème   adapté  du  concerto  pour  clarinette  K622de  Mozart 
http://www.youtube.com/watch?v=BxgmorK61YQ&feature=related

Distribution :
Karen  Blixen :  Meryl Streep
Denys Finch Hatten :  Robert  Redford
Baron Bror Blixen
Michael  Kitchen :Berkeley Cole

Daprès  le  roman  autobiographique  de Karen  Blixen  publié  sous le nom  de Isak Dinesen "la  ferme  africaine "







"Contez-vous  des histoires ?  " (1)

Cette   phrase magique  qui  ouvre si bien sur  les portes de l'imaginaire  !  C'est  tout à fait  ce qu'il  convient  à ce  film qui  est  avant  tout  une merveilleuse  histoire  .
Une histoire  qui  réunit  deux  êtres  d'exception dans  un décor  tout  aussi  exceptionnel, celui  d'une nature  africaine  sauvage  et  préservée, qu'incarne  Denys  Finch  Hatten /Roberd  Redford. Cette  nature où tout  est  harmonie même  lorsque  les drames  pour la  survie  s'y  nouent et qui semble  incapable  de  se  plier à  la  domination de  l'homme   .Dans  ces paysages immenses, saisissants, d'une  beauté, à vous couper le souffle  ,  déserts, savanes, montagnes , fleuves ...,pas  de mesure  à  leur  grandeur , pas  de limites  à  cette liberté  qu'évoquent  les immensités  sans   routes , sans clôtures ni  barrières . 
Denys  est  tout  aussi  libre  et  rebelle  à  toute  forme  de  contraintes y compris  celles  de l'amour.
A  l'opposé  Karen  Blixen ,  au  moins  celle   de l'histoire , en  est  encore  à  la  conquête  de  son  indépendance  et  nous suivons  davantage  le récit  de  son   combat  pour  la  conquérir  ,  de ses   luttes  contre  son  attachement  à  ses  valeurs  bourgeoises  ,  à  ses  racines  .Idéalisme  contre  matérialisme  pragmatique , la plus grande difficulté  est  dans  ce "lâcher -prise , la  difficulté quasi  insurmontable  à  renoncer   au  désir  de  possession  comme   le  laisse  si  bien  comprendre  de  façon  déchirante   sa  dernière   réplique à la mort  de  Denys :
"Il  ne  fut  pas à  nous  ,  il ne  fut  pas à moi " .
Citadelle 22/9/2010

















  ( 1) Karen Blixen  : La  grande  dame  des lettres   danoises (1885-1962) est  beaucoup  plus  qu'une   simple  héritière  de  Hans  Andersen  . Comme  lui  elle   excellait  dans les contes (  Contes  d'hiver et  Sept  contes gothiques  ). Mais  son oeuvre  et  sa personnalité  sont  sans  doute  plus présentes  encore   sur la scène littéraire danoise contemporaine  que  celle  de l'auteur  de   la Petite  Sirène  .Ses  écrits  sont polysémiques , il  est  possible  de  les interpreter  de  manière  très différente selon  Erik  Skyum -Nielsen , fin connaisseur  de la littérature  danoise  . Parce  qu'elle écrivait  en  deux langues  , danois  et  anglais , et  qu'elle  a  témoigné durant  son  séjour  de  17  ans en Afrique, d'un  réel  intérêt  pour les habitants de  ce pays qui  devait  devenir le Kenya, elle  fut  l'un  des premiers auteurs  "globaux".   La  Ferme  africaine l'a rendue  célèbre  au delà  des frontières de son  pays  . (Extrait  Magazine Littéraire )




lundi 12 décembre 2011

Viaggio in Italia Roberto Rossellini,1953


Viaggio in Italia Roberto Rossellini,1953

 Ingrid Bergman ,Georges  Sanders , Maria Mauban

 

"Un couple de  bourgeois  anglais   arrrive à  Naples pour  régler une  affaire  d'héritage . Leur decouverte  de l'  Italie  (hélas  le  film   est  vieux   et  en  Noir et blanc  !)  ira de pair  avec la mise  à  nu de leur  mariage   de  la prise  de  conscience de leur incommunicabilité. ..Intégrant   le  neo-réalisme  à  l'étude  psychologique  , Rossellini  instaure   avec   Voyage  en  Italie   (Viaggio in  Italia )  une nouvelle  forme  de   narration  cinematographique  qui  préfigure  tout  autant   le  cinema d'antonioni  que  celui   de la  Nouvelle vague . ..."  


Pour  résumer   : " On  ne prend  jamais  mieux  conscience  de  tenir à  une  chose  que   lorsqu'on  est  sur le point  de la perdre  ....."