« Que serait un monde sans la musique ? », disait un certain… « Que serait un monde sans images, sans couleurs, sans les mots ? Que serait l’homme sans émotions ? Son cœur est un luth suspendu ; sitôt qu’on le touche, il résonne. » – de Béranger
The Silence - Bergman / Piano Concert nº 2 - Brahms
Le Silence
Ingmar Bergman
(Suède 1963 )
Anna et Esther, deux soeurs, rentrent en Suède après un voyage à l'étranger. Elles sont accompagnées de Johan le fils d'Anna . A la suite d'un malaise d'Esther, elles font halte dans une ville inconnue, dont les habitants parlent une langue qui leur est tout à fait étrangère. Dès lors, Esther et Anna sont confrontés au silence de l'incommunicabilité .
Le Silence est parfois considéré comme faisant partie d'une trilogie réunissant également " A travers le miroir" et les Communiants" et baptisée la trilogie de l'absence de Dieu. Après avoir rmpu avec la foi dans les deux précédentes oeuvres , le cinéaste explore dans le silence les moyens d'échapper à la solitude. Un film au climat oppressant, magnifiquement inyerprété .
C'est presque trop beau ! Et savez vous le sentiment qui me domine ici , aussi bien dans la musique de Tchaikovsky merveilleusement interprétée par Richter , que devant cette ébauche de Leonard de Vinci ? c'est celui d'un moment joyeux qui , coupant en deux la partition musicale , montre la supéiorité émotionnelle de la mélancolie , Modeste mélodie , si simple , si pure, si limpide qui résiste et s'impose aux instants frénétiques , Image laborieuse, prélude au tableau ambitieux , notre regard ose une tendre caresse sur ce merveilleux visage.
J'admets que ce soit un jugement très personnel et très subjectif ;-)
Une page musicale qui voudrait simplement notre abandon à la musique.. Une mélancolie sereine, juste un peu voilée de tristesse, parce que les moments heureux ici bas sont rares et de peu de durée . Mais que ce n'est pas suffisant pour nous faire oublier ce qu'il y a de beau , ce que nous avons connu, ou ce que nous connaitrons encore , comme le retour du printemps, , comme l'azur après l'orage comme la paix après la guerre ...
Nous continuerons le regard fixé sur ces horizons d'attente , essuyant s'il le faut d'un revers de main quelques larmes qui s'attardent dans nos yeux, esquissant un sourire , prêts à ramasser notre sac et à reprendre notre chemin pour atteindre le col ....
La montagne est pour ceux qui regardent en haut , dont la seule gloire se gagne par la victoire sur soi , l 'acte gratuit par excellence , pour ceux aussi qui ne renoncent jamais à aller voir l'autre versant des choses , non pour conquérir ou dominer , mais simplement pour savoir ou tenter de savoir .
On pourrait parler de chemins de la connaissance mais ce serait encore bien trop présomptueux pour qualifier la démarche de ces conquérants de l'inutile.
Et voilà où la musique vous entraine ! Bien loin de notre intention première qui voulait ne parler que des " Mots".....