« Que serait un monde sans la musique ? », disait un certain… « Que serait un monde sans images, sans couleurs, sans les mots ? Que serait l’homme sans émotions ? Son cœur est un luth suspendu ; sitôt qu’on le touche, il résonne. » – de Béranger
samedi 9 septembre 2017
L'idéal , Louis Ménard
Je ne voudrais rien des choses possibles;
Il n'est rien à mes yeux qui mérite un désir
Mon ciel est plus loin que les cieux invisibles,
Et mon coeur est plus mort que le coeur d'un fakir..
Il n'est rien à mes yeux qui mérite un désir
Mon ciel est plus loin que les cieux invisibles,
Et mon coeur est plus mort que le coeur d'un fakir..
Je ne puis aimer les femmes réelles :
L'idéal entre nous ouvre ses profondeurs.
L'abîme infini me sépare d'elles,
Et j'adore des Dieux qui ne sont pas les leurs.
Il faudrait avoir sa vierge sculptée
Comme Pygmalion, et retrouver le feu
Qu'au char du soleil ravit Prométhée :
Pour incarner son rêve, il faudrait être un Dieu.
Dans les gais printemps, la jeunesse dore
Les plus âpre sentiers de ses ardents rayons ;
Mais plus tard, qui peut rallumer encore
Le soleil éclipsé de ses illusions ?
Les rêves s'en vont avec l'espérance ;
N'importe : marchons seul , commme il convient aux forts.
Sans peur, sans regrets, montons en silence
Vers la sphère sereine et calme où sont les morts.
Grande Nuit, principe et terme des choses,
Béni soit ton sommeil où tout va s'engloutir ;
Ô Nuit ! sauve-moi des métempsychoses,
Reprends-moi dans ton sein , j'ai mal fait d'en sortir.
(Louis Ménard :L'idéal , dans Rêveries d'un païen mystique)
mardi 29 août 2017
Le faune
Tête de faune de Jean Carriès
Grès émaillé , H 0,305m
vers 1890-1891
Chefs-d'oeuvre du Musée des Arts décoratifs
(Jean Carriès -1855-1894)
" la tête de faune[...] est une chose vaguement déchirante, d'une pénétration de mélancolie, d’apaisement peut-être, de douleur calmée, qui n'appartient pas aux expressions habituelles de la sculpture, toujours arrêtées et définissables, si compliquées ou si légères qu'elles soient .L’irrégulière construction de cette longue tête penchée, aux yeux clos, construction ainsi déformée volontairement et instinctivement, et accentuant un caractère qui n'est tout à fait ni de souffrance, ni de repos , ni de sommeil , ni de mort est une des plus inquiétantes pièces de l’œuvre de Carriès et l'une des plus troublantes de l'art moderne. ( Arsène Alexandre, Jean Carriès, imagier et potier)
à marier pour un "entrelacs " : Mallarmé, Debussy ,Noureiev
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