« Que serait un monde sans la musique ? », disait un certain… « Que serait un monde sans images, sans couleurs, sans les mots ? Que serait l’homme sans émotions ? Son cœur est un luth suspendu ; sitôt qu’on le touche, il résonne. » – de Béranger
vendredi 6 septembre 2013
Tristesse (Sibelius , valse triste)
Jean Sibelius, Valse Triste (orch.Herbert von Karajan)
L'expression ( pour moi ) la plus juste de la tristesse .
Ce n'est pas du drame , ce n'est pas tragique , même pas vraiment mélancolique ...seulement triste . C'est lourd , pesant , ça vous écrase, vous accroche à la terre , vous attire au fond , ça parle de résignation , d'espoirs déçus , d'oublis, de contrées inaccessibles ... de beaux rivages entr'aperçus mais d'un rejet définitf au rythme de cette valse-vague qui vous maintient au large ....
mardi 3 septembre 2013
Paul Eluard
La courbe de tes yeux
La courbe de
tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.
Feuilles de
jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums
éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.
Capitale de la douleur, 1926
Je t'aime
Je t’aime
pour toutes les femmes
Que je n’ai pas connues
Je t’aime pour tout le temps
Où je n’ai pas vécu
Pour l’odeur du grand large
Et l’odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond
Pour les premières fleurs
Pour les animaux purs
Que l’homme n’effraie pas
Je t’aime pour aimer
Je t’aime pour toutes les femmes
Que je n’aime pas
Que je n’ai pas connues
Je t’aime pour tout le temps
Où je n’ai pas vécu
Pour l’odeur du grand large
Et l’odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond
Pour les premières fleurs
Pour les animaux purs
Que l’homme n’effraie pas
Je t’aime pour aimer
Je t’aime pour toutes les femmes
Que je n’aime pas
Qui me
reflète sinon toi-même
Je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien
Qu’une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd’hui
Il y a eu toutes ces morts
Que j’ai franchies
Sur de la paille
Je n’ai pas pu percer
Le mur de mon miroir
Il m’a fallu apprendre
Mot par mot la vie
Comme on oublie
Je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien
Qu’une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd’hui
Il y a eu toutes ces morts
Que j’ai franchies
Sur de la paille
Je n’ai pas pu percer
Le mur de mon miroir
Il m’a fallu apprendre
Mot par mot la vie
Comme on oublie
Je t’aime
pour ta sagesse
Qui n’est pas la mienne
Pour la santé je t’aime
Contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce cœur immortel
Que je ne détiens pas
Que tu crois être le doute
Et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil
Qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi
Quand je suis sûr de moi
Qui n’est pas la mienne
Pour la santé je t’aime
Contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce cœur immortel
Que je ne détiens pas
Que tu crois être le doute
Et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil
Qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi
Quand je suis sûr de moi
Tu es le
grand soleil
Qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi
Quand je suis sûr de moi
Qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi
Quand je suis sûr de moi
Retrouvez
ici les poèmes de
Paul Eluard :
http://www.poetica.fr/categories/paul-eluard/samedi 31 août 2013
Ouroboros (Joël Gissy)
![]() | |
| Ouroboros de Ptuj Castle (Slovénie) | http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ptuj_Castle_Ouroboros_27102006_01.jpg |
Extrait du recueil Ouroboros de Joël Gissy
III. Voûte de cave
Dessus les fondations des antiques bâtisses
Sont gravés quelquefois des symboles anciens.
Runologie qu’envoûtent ces nécromanciens,
Ils vivent, ravinant ainsi que des varices
Les pierres enfouies au milieu des fougères,
Dont le galbe moussu ressemble à des racines.
Et ces stèles d’où les putrescibles glycines
Des colombages vers leurs treillages stellaires
S’entrecroisent font des nefs à la coque en croupe
Qui partent pour un voyage céleste, en poupe
Des croissants, piques et des croix de Saint André,
Parmi tout un langage où l’Ailleurs est crypté.
Emergeant à moitié, d’entre les feuilles mortes
Un petit arc en voûte, ignoré des passants,
Comme à fleur d’un passé mystique ouvre ses portes
Eplorées de toiles d’or au souffle des ans.
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