« Que serait un monde sans la musique ? », disait un certain… « Que serait un monde sans images, sans couleurs, sans les mots ? Que serait l’homme sans émotions ? Son cœur est un luth suspendu ; sitôt qu’on le touche, il résonne. » – de Béranger
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage Prennent des albatros , vastes oiseaux des mers Qui suivent, indolents compagnons de voyage Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avirons, traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid ! L'un agace son bec avec un brûle-gueule, L'autre mime ne boitant , l'infirme qui volait !
Le poète est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer ; Exilé sur le sol , au milieu des huées, Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.