mardi 3 janvier 2012

les oiseaux




Les oiseaux  

Je pars ,  je laisse mon Mainate mourant ; je ne le retrouverai  pas à  mon retour et  il  s’endormira sans  moi.
J’aime les oiseaux  comme tu ne peux pas imaginer , peut-être est-ce  pour ça  que je suis si sensible à la symbolique des ailes, du vol, des cimes  et des ciels infinis.
Cygne tragique de Mallarmé , Aigles regard de Manwë chez Tolkien, Milouin du Kalevala , Fidèles oies sauvages de Lorenz , avatar préféré de  Zeus , Colombe de Magritte, Phénix asiatique … la liste serait trop longue à dresser des  poètes qui  ont chanté  l’oiseau, des compositeurs qu’il a  inspiré, des peintres qui ont tenté de le saisir dans  son élan..

Oiseau symbole de liberté,  de fière indépendance mais  aussi, par ses ailes , symbole de douceur , de protection , de caresse innocente, telle la  statue  d' Hébé de  Carrier-Belleuse ... 
Mais c’est encore par sa fragilité  qu’il  m’attache : 
Il n’est pas de  notre dimension, tout ce qui  est sans plumes  est son  prédateur potentiel ; alors  nous ne le connaissons que dans  des attitudes d’évitement ; il nous fuit , nos appels sont suspects et la défiance,  sa règle de survie. Si, parce que séduit,  on tente d’établir un simple lien, plus que pour tout autre animal sauvage,  la moindre défaillance, la moindre erreur ruine tous nos  efforts car à sa crainte s’ajoute l’indifférence des êtres qui n’attendent rien de nous .
 Sa vie  est  dans le  ciel
 Si vulnérable au sol,   il faut si  peu de chose pour qu’il perde sa vie et  il faut avoir guetté avec angoisse, dans le creux de sa main  le battement de son cœur pour  en savoir le prix !
Tous les animaux se couchent  pour mourir dit  la Bête de Cocteau ,il n’y a que les hommes à vouloir mourir debout, mais l’oiseau  tombe dès que ses ailes ne peuvent plus le porter.
C’est alors la chute, et la terre est déjà son enfer . 

(lettre à "..."   2006- L'avion n'attend pas  )





dimanche 1 janvier 2012

Sibelius : Symphony N° 2 (mvt. I)

Soleil froid

Jean Sibélius

Si dans le domaine musical  Schubert  est mon  maître à  penser  , Sibélius est mon maître à rêver  !
Peut être...  sans  doute,   parce qu'il  a puisé une grande  partie  de  son inspiration  dans le   légendaire   finnois et que le Kalevala   ressucité par  Lonnrot  au  début  du   XIXème s est  la dernière grande  épopée  encore assez proche  de  nous pour nous  rappeler   que  jusqu'à  un  temps  qui  n'est pas si  loin   nous  savions  encore   imaginer   des  mythes et  des héros , des dieux faibles et des déesses mères , reconnaitre  un  monde  dans une  coquille  d'oeuf ou subir la   malédiction d'esprits malins ou  de  sorcières démoniaques  . Peut être  aussi  parce  sa musique est pleine  de  cette   mélancolie  qui  nous  vient  du nord  où le froid  et  les  brumes   tiennent  l'homme  respectueusement à  distance, afin  de mieux l'éblouir  et   inspirer  sa  vénération  quand la nature  daigne  se  révéler   dans  sa  sublime immensité. 
Sept  symphonies  par  exemple  qu'on  peut  entendre  comme  des hymnes à la   nature, comme   les  récits   d'exploits héroïques,   comme  le  chant  d'un peuple  en  quête  d'identité,  nous avons l'entière liberté  de  notre  écoute  tant  que   nous nous laissons porter   par   la magie  de la  musique  sibelienne.


Pour  cette seconde  Symphonie   j'ai  trouvé une très  belle  page  de   Gil  Pressnitzer   sur  Esprits  Nomades  : http://www.espritsnomades.com/siteclassique/sibeliusdeuxieme.html 



 Sibelius : Symphony N° 2 (mvt. I)